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Publié : 8 mai 2013
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Les petits délices des mots ...

Le lundi 29 avril, Elisabeth Brami est venue à la rencontre de la classe de 6ème C.

Le collège Cuvier a déjà eu le plaisir de l’accueillir deux fois, en 2010 et en 2011 : elle semble beaucoup apprécier la magnifique vue sur la mer que nous avons depuis le dernier étage ...

C’est avec une belle énergie que cet auteur de littérature jeunesse nous a fait entrer dans son univers, expliquant pourquoi elle écrit tous ses livres et parlant de ses origines.

Cet univers, les élèves avaient commencé à le découvrir par eux-mêmes. En effet, depuis le retour des vacances de février, ils avaient pu lire au choix, selon leurs goûts personnels et au rythme qui leur convenait, des livres d’Elisabeth Brami qui nous avaient été prêtés par la librairie Le Chat Pitre. Chaque élève a lu entre trois et quatorze livres pour un total de cent quarante-sept lectures. Un beau résultat pour une classe à laquelle sont proposées tout au long de l’année des activités liées à la lecture !

« J’ai voulu vous apporter un peu de vrai vécu de mes personnages », nous a-t-elle confié pour commencer. Et l’on a senti tout au long des trois heures d’échange combien elle essayait de nous faire comprendre son rapport particulier à la langue et aux mots.

Après avoir évoqué Cent bêtes pour ceux qui s’embêtent, elle a répondu à Benjamin et parlé de Colorissimots où « les images et les mots se sont mis à se nouer » : une façon de rencontrer le monde et les mots.

Les petits bleus au coeur ont aussi beaucoup retenu l’attention des élèves, comme d’autres titres de la série Les petits ... (Les petits riens, Les petits délices, ...). « Je voulais que les images prennent la place de certains mots » : elle a expliqué comment et pourquoi des cabochons s’infiltrent dans le texte.

Sauve-toi Elie lui a ensuite donné l’occasion de confidences très personnelles qui ont touché les élèves. Elle nous a dit que dans ce livre elle parlait « d’un sujet qu’elle ne voulait pas aborder : un enfant juif caché dans un milieu hostile ». « Ce que j’avais cru inventer était des souvenirs de choses que des gens que je connais avaient vécues. » Elle a alors évoqué comment sa famille a disparu lors de la deuxième guerre mondiale et comment bébé, elle est arrivée en France « sous les bras » de ses parents peu après la guerre.

Les élèves avaient déjà remarqué qu’il était question de grands-parents absents dans certains de ses livres : Urgent, cherche grand-père désespérément et Chère Madame ma grand-mère.

Ensuite, Théo lui a dit qu’il avait bien aimé Le Dico des monstres et il lui a demandé comment elle avait eu l’idée de ce livre. Il ne s’attendait pas à la réponse qu’elle lui a apportée... « Je peux faire un livre avec quelque chose que je n’aime pas, ça fait vide-ordures, cela peut me soulager. » Elle a toujours détesté « les trucs qui font peur » comme dans Le Dico des sorcières, comme la guerre. Ce livre, elle l’a écrit pour un mot que l’on trouve à la lettre H : horreur et elle nous a montré comment ce mot peut être rapproché d’un autre mot commençant par H : humain.

Comme ils lui demandaient comment lui viennent ses idées, elle a expliqué aux élèves : « J’écris sous l’effet de quelque chose en moi qui râle ». Et qu’elle est « une ex-petite fille râleuse qui ne s’est jamais arrêtée de râler. »

Elle a alors pris plaisir à parler de son livre paru au mois de mars 2013 : Le gros ralbum de tous les y’en a marre , un livre qui râle mais qui dit beaucoup de choses et comment est né le mot « ralbum » de ras-le-bol et album.

Elle a montré le projet de première de couverture et la première de couverture définitive du livre : les élèves ont ainsi pu comparer avec elle les modifications.

Les élèves ont aussi eu la chance de l’écouter lire La déclaration des droits des filles et La déclaration des droits des garçons, livres qui seront publiés dans quelques mois et de l’entendre parler du livre sur la politesse qu’elle prépare.

Toujours des projets, toujours des livres en cours et en tête !

Elle est ensuite revenue sur Les garçons se cachent pour pleurer pour expliquer aux élèves que c’est un livre faussement léger. « On écrit aussi avec les choses qui nous ont manqué » ; « Avec ce désert, moi je me suis construit un monde où les livres ont pris la place des frères et soeurs, des amis, des cousins. » ... Comme dans La quatrième fille du Docteur Klein.

Elle a dit maintes fois combien elle aime les sons, les rimes, en particulier avec Roule ma poule.

Quelle chance là encore d’entendre l’auteur lire son livre !

« Il y a des choses précieuses de vous qu’il faut garder, comme des cailloux du Petit Poucet, des morceaux de vous. »

Cette phrase qu’elle a adressée aux élèves est bien à l’image de cette belle rencontre, semée de « petits riens » et de « petits bonheurs » …

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