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Publié : 18 juin 2014
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Ambiance à la boulangerie

Ainsi va la vie. Après l’épisode du poissonnier dans une grande surface de Fécamp, il est des professions qui se prêtent bien à de nombreux jeux de mots.
Que dire de ma boulangère lorsque chaque matin pour démarrer cette journée , je viens lui acheter la traditionnelle petite roulette aux raisins , le cheminot aux oreillons d’abricot et la baguette "croquise" achetée à prix croûtant.
Le matin se passe relativement bien et le choix reste varié.
Cependant, il n’en va pas de même lorsque le soir arrive. Le néon extérieur n’en peut plus d’être balayé par les bourrasques de vents et de pluie mais en clignotant, il vous invite encore à entrer pour ce qu’il reste.
Ainsi, la semaine dernière, j’entre dans ma boulangerie de quartier. Le gong retentit , dû à la rupture d’une barrière infrarouge lorsque le client la franchit (Déformation professionnelle) .Derrière la caisse, somnole la "patronne" qui m’accueille d’un bonsoir fatigué.
Toujours avec mon regard circulaire que j’emporte régulièrement avec moi, j’inspecte les pains restants sur les étagères. Point de cette "croquise" régulière m’évitant le rassissement d’un pain toujours trop long.

  • "Voyons, que me proposez-vous donc pour rassasier mon appétit vespéral ?"

Et là, la brave commerçante de me faire la liste de ses produits à vendre :

  • "Il me reste un pain de campagne long, un pain de campagne en boule, un pain brioché, un pain de son....".

J’abrège là le déroulé de cet inventaire de peur qu’elle ne s’endorme et ne s’affaisse lourdement derrière le comptoir. Il me faut trancher et j’opte pour la dernière proposition.

  • "Je vous prends le pain de son qui comme on le sait provoque la bonne humeur ".

De nouveau croisement de regards.(Ne dîtes jamais à l’agent du service des eaux : "Tout est dans le regard", vous pourriez nager dans l’ambiguïté).

Le regard surpris de la Dame aux pains m’encourage à développer ma pensée.

  • "Eh oui ! Ne dit-on pas "gai comme un pain de son"".

La boulangerie résonne encore des éclats de rire de ce moment intime.

Je m’en retourne dans ma maison coquette en passant devant la charcuterie à la devanture de laquelle il est écrit : "Tête de veau".

Demain, à l’heure où blanchit la campagne, j’irai dire deux mots à la vendeuse pour qu’elle retire les insultes écrites à la peinture blanche.

La vie est trépidante......Ce soir, je me lirai bien un petit Boris Vian.